Comment sont réalisés les sous-titrages de nos films préférés ?

En ce qui concerne le cinéma, il y a deux écoles : les cinéphiles qui sont incapables de regarder un film doublé avec les voix françaises, et celles et ceux qui préfèrent justement ne pas avoir à lire les sous-titres. Dans quelle équipe êtes-vous ?

Voilà certainement un sujet qui pourrait animer quelques débats chez les fans de septième art. Toutefois, que vous soyez un adepte inconditionnel de la version originale sous-titrée ou que vous préfériez la version française, il se peut que vous trouviez fascinant le processus de transcrire un audio en texte et sa traduction. Une tâche plus difficile qu’elle n’en a l’air puisqu’il faut à la fois respecter le scénario d’origine et l’adapter sur le plan culturel pour une diffusion à l’étranger.

Dans les coulisses du grand écran

Vous êtes-vous déjà questionné sur les métiers de l’ombre du cinéma ? S’il en existe bien un qui mérite d’être mis en lumière en ce moment c’est bien celui de sous-titreur. Voilà une mission qui parait simple de prime abord mais qui se révèle être en réalité bien plus spécifique et technique qu’il n’y parait. Par ailleurs, le sous-titrage n’est pas apprécié que par une minorité de spectateurs. Dans certaines villes, pays ou même cinémas indépendants, la version originale est toujours privilégiée !

La transcription audio est une expertise qui ne s’improvise pas. En effet, il ne suffit pas d’être doué en langues étrangères pour pouvoir prétendre à un tel métier. En exemple, voici seulement deux des difficultés auxquelles sont confrontés ces spécialistes :

  • Les sous-titres ne doivent pas être trop longs. Le nombre de caractères est volontairement limité pour que la lecture soit confortable à l’écran. Le choix des mots est également important car le temps de lecture ne doit pas casser le rythme de l’image.
  • Comme le ferait un traducteur professionnel pour retranscrire à l’écrit un document, le sous-titreur doit connaître les dialectes et les expressions locales pour que celles-ci soient compréhensibles. Cela concerne aussi les jeux de mots et les références culturelles !

Il n’existe pas de cursus idéal pour devenir sous-titreur. Toutefois certaines écoles de cinéma et université proposent cette spécialité dans leurs formations afin d’acquérir toutes les connaissances nécessaires pour travailler sur l’exploitation internationale de films ou de séries.

Le saviez-vous ? Selon le studio d’enregistrement parisien Nice Fellow, la France serait l’un des pays les plus exigeants en matière de qualité de doublage et de sous-titrage !

Le sous-titrage de film, en pratique

Pour permettre à l’industrie du cinéma ou aux maisons de productions indépendantes de rendre leurs projets accessibles au public international, des agences de traduction audiovisuelles spécialisées dans la conception de sous-titres traduits proposent leurs services. Ce sous-titrage sur mesure garantit une haute qualité de retranscription. Ne l’oublions pas, les films que nous regardons sont censés faire naître une multitude d’émotions et les versions sous-titrées se doivent d’être fidèles et conformes à la version originale. Sans cela, la magie du cinéma s’appauvrit.

Plusieurs étapes-clés permettent de passer d’une version originale à une version francisée :

  • La transcription. Indispensable, cette première phase consiste à enregistrer le texte dans sa langue originale sur un document. Ce travail peut être long et fastidieux.
  • La traduction. Vient ensuite l’étape de traduction qui va permettre de choisir les bons termes et les bonnes expressions pour retransmettre le plus fidèlement possible les choix et les directives du réalisateur.
  • La synchronisation. Passer d’une langue étrangère à une langue cible va forcément révéler quelques décalages : nombre de mots, temps de paroles… Il est alors nécessaire d’utiliser un timecode pour synchroniser les nouveaux dialogues avec les mouvements de bouche et les expressions vus à l’écran. Un véritable casse-tête parfois !
  • La simulation. Bien souvent, ce travail s’achève avec une simulation pour s’assurer que les dialogues et textes traduits s’enchainent de façon fluide et correspondent précisément à ce que le spectateur voit à l’écran. Ce visionnage est indispensable pour effectuer des potentiels ajustements et s’assurer de la qualité de l’ensemble du processus.

Evidemment, le processus de traduction audio d’un film vers la langue française est similaire pour les autres langues. On vous laisse donc imaginer l’ampleur de la tâche pour les films à vocation internationale qui nécessitent une traduction multilingue.

L’avènement du téléchargement illégal entraine un déclin progressif de la profession

Depuis quelques années, le piratage affecte particulièrement ce beau métier. Les sous-titreurs amateurs traduisent en toute illégalité une multitude de contenus. La distribution de copie piratée de films et de séries se fait donc très facilement à l’échelle mondiale, et ce, juste après leur diffusion dans leur pays d’origine. Forcément, cette pratique discrédite le véritable travail des traducteurs et adaptateurs de l’audiovisuel. Cette ubérisation pèse sur la rémunération des professionnels du sous-titrage mais aussi sur l’avenir de la profession plus globalement. Par exemple, certains spectateurs, lassés de voir des sous-titres mal traduits avec d’innombrables fautes d’orthographe et de grammaire, sont nombreux à préférer les sous-titres en anglais.

N’oublions pas que le sous-titrage est une mission exécutée par un professionnel de la traduction et en aucun cas un acte bénévole. Il s’agit en effet d’une véritable expertise qui nous permet, cinéphiles, de vivre des émotions et de grandes aventures en découvrant de fabuleux films !

Et quid des youtubeurs et créateurs de contenus ?

Cet article porte plus spécifiquement sur le travail des sous-titreurs dans l’industrie du cinéma. Néanmoins, les créateurs de contenus audiovisuels peuvent eux aussi avoir besoin de sous-titrage pour que leurs vidéos soient accessibles au plus grand nombre. Les créateurs de contenus étant pour la plupart rémunérés au nombre de vues, toucher un public plus large en proposant des sous-titres s’avère une technique lucrative et surtout inclusive. Cela permet en effet de viser un public à l’étranger et de proposer du contenu adapté aux personnes malentendantes.

Déléguer cette tâche à un sous-titreur ou à un bon traducteur n’est pour le moment pas très répandu. La plupart des youtubeurs et vidéastes optent pour un logiciel de traduction automatique. La reconnaissance vocale permet notamment de générer des sous-titres et de les synchroniser avec ce qui est dit à l’écran. Mais cette technologie à ses limites.

Après le final du festival de Cannes de 2022, nous espérons que ce voyage dans les salles obscures vous aura plu. Qui sait, peut-être que vous ne lirez plus les sous-titres de la même façon lors de votre prochain visionnage en salle ou à la maison…

 

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